Supply Chain 19.07.2026

Jour férié et transport routier : 22h, 7,5 tonnes et dérogations à vérifier

Pierre
Réglementation transport routier jour férié : planning 22h et 7,5 tonnes, dérogations
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Un jour férié peut bloquer une tournée si le véhicule entre dans le champ des interdictions de circulation. Pour un transport routier de marchandises, le réflexe consiste à vérifier trois points avant le départ : le PTAC du véhicule, l’horaire exact et l’existence éventuelle de restrictions complémentaires sur l’itinéraire.

La règle nationale à retenir avant de planifier un départ

La réglementation transport routier jour férié vise surtout les véhicules de transport de marchandises dont le PTAC est supérieur à 7,5 tonnes. Le PTAC, ou poids total autorisé en charge, correspond au poids maximal autorisé du véhicule chargé. C’est donc une donnée à lire sur les documents du véhicule, pas une estimation liée au chargement du jour.

Quiz : Réglementation transport routier

En métropole, l’interdiction générale de circulation des poids lourds s’applique les jours fériés de 22h la veille à 22h le jour férié. Autrement dit, un camion concerné ne peut pas simplement attendre minuit pour repartir. La restriction commence dès la soirée précédant le jour férié et couvre presque toute la journée suivante.

Cette règle s’ajoute à l’interdiction de week-end, qui court du samedi 22h au dimanche 22h. Dans une semaine comprenant un jour férié accolé à un dimanche ou à un samedi, l’enchaînement des plages interdites peut réduire fortement les créneaux de circulation disponibles. Il faut donc raisonner en calendrier complet, pas seulement en date isolée.

Situation Plage d’interdiction à vérifier Véhicules principalement concernés
Jour férié De 22h la veille à 22h le jour férié Transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes de PTAC
Week-end Du samedi 22h au dimanche 22h Poids lourds concernés par l’interdiction générale
Samedi férié De 0h à 24h selon Europe-Camions Véhicules soumis aux restrictions
Dimanche veille de jour férié De 0h à 24h selon Europe-Camions Véhicules soumis aux restrictions
Période estivale Dates et horaires complémentaires publiés par Bison Futé Poids lourds concernés par les interdictions complémentaires

Quels véhicules sont concernés, et lesquels ne le sont pas ?

Le seuil de 7,5 tonnes est le premier filtre

Le point de départ est simple : la restriction vise les véhicules affectés au transport routier de marchandises lorsque leur PTAC dépasse 7,5 tonnes. Un véhicule de 7,5 tonnes ou moins n’entre pas dans ce seuil, sous réserve qu’aucune autre restriction locale ou spécifique ne s’applique à son itinéraire.

Pour une exploitation transport, il est prudent de raisonner par véhicule et non par mission. Un même trajet peut être autorisé avec un utilitaire léger et interdit avec un porteur ou un ensemble routier dépassant le seuil. Le chargeur, le donneur d’ordre et l’exploitant ont donc intérêt à valider le moyen retenu avant de confirmer un créneau de livraison. Cette vérification évite une erreur simple, mais coûteuse.

Les exclusions à ne pas confondre avec une dérogation

Les matériels et engins agricoles ne sont pas concernés par ces restrictions. Certains véhicules spécialisés ne le sont pas non plus. Cette exclusion n’a pas la même logique qu’une dérogation : elle signifie que le véhicule est hors champ de la règle, alors qu’une dérogation autorise exceptionnellement un véhicule normalement soumis à l’interdiction.

Dans la pratique, cette distinction évite des erreurs de procédure. Si le véhicule est réellement exclu, la question n’est pas de demander une autorisation, mais de pouvoir justifier son statut en cas de contrôle. À l’inverse, si le véhicule transporte des marchandises et dépasse 7,5 tonnes de PTAC, il faut partir du principe que l’interdiction s’applique, sauf exception prévue.

Les cas d’horaires qui piègent le plus les tournées

La veille du jour férié commence à compter dès 22h

Le cas le plus fréquent concerne les départs programmés en soirée. Une tournée qui semble possible parce qu’elle part la veille peut en réalité être interdite si elle débute après 22h. Pour les trajets longue distance, il faut aussi intégrer l’heure de passage sur le réseau routier, pas seulement l’heure de départ du dépôt.

Un exemple concret : si un conducteur quitte un site à 20h30 la veille d’un jour férié avec un véhicule concerné, l’exploitation doit s’assurer qu’il ne circulera plus dans la période interdite à partir de 22h, sauf dérogation applicable. La planification doit donc inclure une aire d’arrêt possible, un stationnement autorisé et une reprise après 22h le jour férié. Sans ce cadrage, le risque de blocage arrive très vite.

Le samedi férié et le dimanche veille de jour férié réduisent les marges

Selon Europe-Camions, les samedis fériés donnent lieu à une interdiction de 0h à 24h. Les dimanches veilles de jours fériés sont également présentés avec une interdiction de 0h à 24h. Ces configurations demandent une vigilance particulière, car elles peuvent neutraliser une journée entière au lieu d’une simple plage de soirée.

Le bon réflexe consiste à verrouiller le planning comme une chaîne logistique complète : enlèvement, temps de conduite, pauses, livraison, retour et stationnement. Le verrou n’est pas seulement l’heure réglementaire, c’est le point où toute l’organisation se bloque si un maillon a été sous-estimé. Une livraison autorisée à 6h le lendemain ne sert à rien si le véhicule ne peut pas légalement atteindre la zone la veille au soir. Travailler à rebours depuis l’heure de livraison permet souvent de repérer ce point de blocage avant qu’il ne devienne une immobilisation coûteuse.

Les restrictions estivales doivent être vérifiées à part

Les périodes estivales comportent des interdictions complémentaires dont les dates sont publiées sur Bison Futé. La préfecture de la Manche cite par exemple des interdictions complémentaires les 16 juillet 2022, 23 juillet 2022, 30 juillet 2022, 6 août 2022, 13 août 2022 et 20 août 2022, avec une interdiction de 7h à 19h et des plages autorisées de 0h à 7h puis de 19h à minuit.

Ces dates illustrent surtout la méthode à adopter : ne pas recopier un ancien calendrier, mais consulter la publication officielle applicable à la période concernée. Les interdictions estivales sont opérationnelles pour les départs en vacances, les flux touristiques et les grands axes. Elles peuvent donc modifier un plan pourtant conforme aux règles générales de week-end ou de jour férié.

Restrictions régionales : le cas à vérifier avant de traverser l’Île-de-France

Des interdictions complémentaires particulières existent dans certaines régions, notamment en Île-de-France. Elles peuvent dépendre de l’autoroute empruntée, du sens de circulation et du jour. Les axes cités incluent notamment A6A, A6B, A106, A6, A10, A13 et A12, avec des raccordements ou points de repère comme RN 104-Est, RN 20 et RN 10.

Dans le sens Paris-province, l’extrait Service-Public mentionne des restrictions le vendredi de 16h à 21h, les veilles de jours fériés de 16h à 22h et les samedis de 10h à 18h. Ces plages ne remplacent pas la règle nationale, elles s’y ajoutent lorsque le trajet passe par les axes concernés.

Pour un exploitant, le contrôle doit donc se faire en deux temps. D’abord, vérifier si le véhicule est soumis à l’interdiction générale. Ensuite, examiner l’itinéraire réel : contournement, entrée en Île-de-France, sens Paris-province ou province-Paris, et horaire de passage prévisible. Une tournée peut être conforme sur le principe, mais devenir impossible sur un tronçon régional précis. C’est souvent là que se joue la conformité.

Dérogations, sources officielles et bons réflexes de conformité

Quand une dérogation peut être envisagée

Des dérogations aux interdictions de circulation sont prévues sous conditions. Elles concernent des situations particulières et ne doivent pas être traitées comme une simple formalité de dernière minute. L’arrêté du 16 avril 2021 encadre l’interdiction de circulation des véhicules de transport de marchandises à certaines périodes ainsi que les possibilités de dérogation.

La démarche dépend de l’administration compétente, souvent la préfecture ou la DDTM selon les cas. La préfecture de la Manche mentionne un formulaire de demande de dérogation et un envoi possible par courriel à [email protected]. Elle indique aussi un contact d’urgence les week-ends et jours fériés au 02.33.75.49.50, à réserver aux situations urgentes.

Les références à consulter avant de trancher

Pour sécuriser une décision, il faut s’appuyer sur les textes et ressources officiels : la fiche Service-Public Entreprendre, les dates publiées par Bison Futé, l’arrêté du 16 avril 2021 et les articles R.411-17 à R.411-24 du Code de la route. Ces références permettent de distinguer la règle nationale, les restrictions complémentaires et les démarches d’autorisation.

Enfin, il ne faut pas confondre réglementation de circulation et droit du travail. Le fait qu’un jour férié soit travaillé, récupéré ou rémunéré relève d’autres règles applicables au secteur privé, aux transports routiers et aux activités auxiliaires du transport. Cela ne dispense pas un véhicule soumis à interdiction de respecter les restrictions de circulation. Pour une entreprise, la conformité se joue donc à la fois dans le planning social et dans le planning routier.